Situation de vie

Douleur au pied

Pied diabétique : des recommandations sans équivoque de la Haute Autorité de Santé pour diminuer le risque de complications

Le 26 novembre dernier, la Haute Autorité de Santé (HAS) a actualisé ses recommandations de bonnes pratiques quant à la prise en charge en pédicure-podologie de la personne âgée. Elle recommande notamment « au médecin d’effectuer un examen clinique attentif des pieds de toute personne âgée », très exposée aux affections podologiques (diminution des capacités fonctionnelles, risques de chute, antécédents médicaux ; polypathologies, facteurs de risques associés…).

Dans ce document, la HAS est également formelle quant à la prise en charge du pied diabétique : « il est recommandé de réaliser chez tous les patients diabétiques un dépistage annuel du risque podologique ». La Fédération Française des Diabétiques, qui a pris part à ces travaux, fait donc le point sur les actualités récentes en matière de complications podologiques.

Les complications podologiques, un fardeau pour le patient : 

Pour 15 à 20% des personnes diabétiques, diabète rime aussi avec complication podologique. En effet, la maladie étant susceptible d’engendrer une baisse de sensibilité des nerfs de contact, en particulier ceux du pied, une blessure ou une anomalie (cor, durillon, fissure, crevasse, mycose, etc) risque de passer inaperçue et d’entrainer une infection. Ainsi, chaque année, en France, dénombre-t-on près de 10 000 amputations dues aux complications du diabète1.

La prévention des complications podologiques, un enjeu constant pour garantir la qualité de vie : 

La diminution de la prévalence des complications podologiques passe par une amélioration de la démarche de prévention primaire des plaies. C’est une conviction portée de longue date par la Fédération Française des Diabétiques qui, dans le cadre de ses Etats Généraux du Diabète et des Diabétiques, se mobilise pour l’accès à une prise en charge par l’Assurance Maladie de la consultation préventive chez le pédicure-podologue pour les personnes diabétiques dès le grade 0 et 1.

Ainsi, la Fédération se réjouit-elle de cette nouvelle recommandation de la HAS. Dans le document, elle insiste sur le caractère très important d’un dépistage annuel du risque podologique de l’ensemble des personnes diabétiques. Cette consultation préventive permet effectivement de définir voire de réviser le grade de risque lésionnel de la personne ainsi que de déterminer une stratégie de prise en charge spécifique et adaptée. En fonction de cette stratégie et du grade déterminé, un nombre plus ou moins important de consultations podologiques pourra être pris en charge par l’Assurance Maladie. 

Une amélioration progressive de la prise en charge par l’Assurance Maladie de la consultation podologique

Bien que la prise en charge des consultations podologiques des personnes atteintes de diabète ne soit pas encore optimale, de nettes améliorations ont été consacrées récemment par la signature d’un nouvel avenant conventionnel entre la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et la Fédération Nationale des Podologues. C’est ce que nous expliquions dans notre article « Pied diabétique : enfin une amélioration prochaine de sa prise en charge » publié au mois d’octobre dernier.

Alors qu’aucune séance n’était prise en charge pour le patient en grade 0 ou 1 mal gradé, c’est désormais 1 séance qui pourra être remboursée dans le cas où le patient dispose d’une prescription médicale.

Quant aux autres grades, d’autres améliorations méritent également d’être soulignées (sauf en grade 3 pour lequel il n’y a pas d’évolution notable) :

  • Grade 2 : de 4 à 5 séances prises en charge par an ; 
  • Grade 3 en suivi de plaie : de 6 à 8 séances prises en charge par an. 

La Fédération Française des Diabétiques se réjouit de la prise en compte par la HAS ainsi que la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie de l’importance majeure des complications podologiques et poursuit sa mobilisation conformément à sa proposition 12.1 de ses Etats Généraux du Diabète et des Diabétiques selon laquelle il faut garantir le développement d’une prise en charge préventive du risque podologique chez le patient diabétiques des les grades 0 et 1

Revue Diabète et Obésité, mars 2020, vol.15, n°132 « Plaie du pied et diabète »

À lire aussi : Le mémo du Diabète LAB

Source Fédération Française des Diabétiques : FFD

Nouvel article sur l’expérience des personnes vivant avec des plaies du pied liées au diabète (2026)

Article - experience patients avec plaies du pied liee au diabete

Menée par Arnaud Bubeck, responsable du Diabète LAB de la Fédération Française des Diabétiques, l’étude : « L’expérience patient des plaies du pied liées au diabète », publiée dans le bulletin épidémiologique de Santé publique France, explore le vécu  des personnes atteintes de plaies du pied liées à leur diabète.  

Les complications aux pieds liées au diabète, souvent appelées pied diabétique, peuvent bouleverser le quotidien des personnes concernées. Au-delà des enjeux médicaux, elles ont un impact sur la qualité de vie, encore insuffisamment documentée.

Une étude axée sur l’impact de la qualité de vie des patients 

On estime qu’environ 34 % des personnes atteintes d’un diabète développeront une ulcération du pied au cours de leur vie.  
Pour mieux comprendre le vécu des personnes concernées, Arnaud Bubeck a recueilli les témoignages de 9 personnes vivant avec un diabète de type 1 ou un diabète de type 2, traitées pour une complication du pied.

4 dimensions majeures du vécu mises en évidence 

L’étude révèle que 4 dimensions impactent particulièrement les personnes concernées : 
– La rupture de mobilité et ses conséquences sur la vie sociale et l’accès aux soins ; 
– L’impact émotionnel lié à la peur de l’aggravation et au spectre de l’amputation ; 
– Le rôle des déterminants sociaux et territoriaux ;
– L’influence des interactions avec les proches et les professionnels de santé. 

« Au début de la maladie, on ne sait pas comment marcher. Vous embêtez toute la famille. Un conjoint qui vit avec ça, les ennuis que ça coûte, après, je ne pouvais plus conduire, j’étais dépendant de tout le monde. C’était très dur. […] », déclare Jean-Pierre, 75 ans, atteint d’un diabète de type 1 et d’une complication du pied.

L’importance de l’accompagnement

Les résultats de l’étude montrent que le rôle des proches est aussi essentiel que celui des professionnels de santé formés à ces problématiques. Un accompagnement adapté et pluridisciplinaire peut aider les personnes concernées à identifier des ressources utiles, tant en matière de traitements que de solutions concrètes, et contribuer à améliorer leur qualité de vie.

Ce type de contribution scientifique permet de faire progresser les connaissances en mettant en avant le témoignage vécu de personnes concernées par la maladie. Elle est rendue possible par toutes celles et ceux qui répondent aux enquêtes du Diabète LAB, que ce soit pour des entretiens ou pour répondre aux questionnaires. Un grand merci à tous les participants !

Si vous vous interrogez sur l’état de vos pieds, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un professionnel de santé.

Source :

– Santé publique France. (2026). Complications podologiques liées au diabète : un fardeau évitable. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, (5-6). beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/5-6/pdf/2026_5-6.pdf

Pour en savoir plus : 
– Étude sur le pied diabétique, une errance à domicile, une épreuve intérieure 
– Le pied diabétique et ses infections

Crédit photo : ©Andrey Popov
 

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